Dans les rapports, une rupture coûte une vente. Dans la réalité, elle ouvre un compteur qui tourne longtemps après que le rayon a été réapprovisionné. Le client qui se reporte sur un produit de substitution moins margé, le transport express commandé en panique, les heures passées à arbitrer qui sera servi, les avoirs et les litiges, et enfin la part des clients qui ne reviendront pas : chaque étage existe, aucun n'apparaît sur la même ligne comptable, et la plupart n'apparaissent nulle part.
C'est précisément ce qui rend la rupture si mal traitée : son coût est réel mais éclaté, tandis que le coût du stock qui l'aurait évitée est concentré et visible. L'arbitrage se fait donc, structurellement, contre la disponibilité, sans que personne ne l'ait jamais décidé en ces termes.